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Randonnée

Le GR20 : 180 km à travers la Corse Sauvage

Par Valneth · 2 min de lecture


Le GR20 : 180 km à travers la Corse Sauvage

Le GR20 n'a pas bonne réputation par hasard. Dès les premiers kilomètres au départ de Calenzana, le sentier grimpe sans ménagement vers le refuge de Carozzu à travers un chaos de rochers et de maquis épineux. Les guides le classent régulièrement comme le sentier de grande randonnée le plus difficile d'Europe — non pas en raison de l'altitude (le point culminant dépasse à peine les 2 700 mètres), mais à cause du terrain : granit brut, dénivelés cumulés colossaux et exposition permanente aux éléments.

La section nord, de Calenzana à Vizzavona (environ 90 km, 9 jours), est la plus technique. Les passages des Aiguilles de Bavella ou encore la traversée du plateau de la Rinaghja demandent une expérience solide de la randonnée en terrain alpin. Il n'est pas rare de progresser mains et pieds dans les parties câblées. La récompense est à la hauteur : des cirques de granit rose que la lumière du soir transforme en cathédrales naturelles.

La section sud, de Vizzavona à Conca, se fait plus variée — forêts de pins laricio, bergeries d'altitude et lacs glaciaires d'un bleu irréel. C'est dans cette partie que le trek prend une dimension plus contemplative, une fois les jambes rodées et l'esprit accordé au rythme de la montagne.

"Sur le GR20, chaque jour tu veux abandonner. Chaque soir, tu sais pourquoi tu continues."

Quelques points pratiques essentiels : réserve les refuges dès mars pour un passage en juillet-août, prévois des chaussures rigides avec une semelle très crantée, et ne sous-estime jamais les orages de début d'après-midi en altitude. Le meilleur créneau reste la mi-juin ou la mi-septembre, quand les refuges sont moins saturés et la chaleur plus clémente.

Le dernier jour, en descendant vers Conca, la mer apparaît entre les pins. Ce n'est pas une fin — c'est une synthèse. Quinze jours de minéral, de vent, de fatigue et de beauté brute qui se condensent dans ce bleu aperçu au loin. Le GR20 ne te laisse pas indemne. Il te restitue à toi-même, légèrement différent de celui qui a quitté Calenzana deux semaines plus tôt.

Tags :GR20CorseGrande RandonnéeTrek